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Messe en mémoire du président Jacques Chirac
Article mis en ligne le 1er octobre 2019

par Centre diocésain d’information

Mot d’accueil, homélie et prière universelle de la messe célébrée ce lundi 30 septembre à la Cathédrale, en mémoire de Jacques Chirac.

 Mot d’accueil

Nous voici réunis pour prier pour l’ancien président de la République, Monsieur Jacques Chirac. Catholique, il a célébré la messe en cette cathédrale de Saint-Denis le 15 août 2002. Jacques Chirac aimait La Réunion, l’île Maurice et Madagascar. Les Français gardent de lui le souvenir d’un homme chaleureux, proche des gens, qui n’hésitait pas à tendre la main à tous ceux qu’il rencontrait. Défenseur de la paix, promoteur de l’Union européenne, il a servi l’État français.
Nous remercions pour leur présence les responsables politiques qui participent à notre célébration :

Les chrétiens ont toujours prié pour les défunts. Tous les canons eucharistiques font mémoire des défunts qui sont confiés à la miséricorde de Dieu. La célébration de la messe offerte pour les défunts les purifie de leurs péches par la Passion et la résurrections de Jésus le Christ. Les fidèles communiquent avec les défunts dans la prière à la messe, sacrement de la communion de l’Église de la terre en marche vers le Royaume des cieux avec l’Église du ciel, la Jérusalem céleste de l’humanité sauvée par le sang de l’Agneau de Dieu.
Ce soir nous demandons pardon au Père de Jésus, le Fils de Dieu fait homme, pour les péchés de Jacques Chirac. Nous rendons grâce à Dieu dans l’Esprit Saint pour tout le bien que Jacques Chirac a accompli sur la terre. Nous disons à notre ancien président de la République « À-dieu », c’est-à-dire, nous le confions à Dieu miséricordieux dans l’espérance de le retrouver un jour à la plénitude des temps, dans la lumière de la Résurrection finale où l’amour de Dieu sera vainqueur de toutes les puissances de mort.

 Homélie prononcée par Fr Manuel Rivero o.p.

« Béni soit Dieu le Père qui a envoyé dans le monde son Fils unique, la Verbe fait chair, pour notre salut ».

En ce 30 octobre, l’Église fait mémoire de saint Jérôme, qui au Ve siècle, a traduit et commenté la Bible : « Ignorer les Écritures, c’est ignorer le Christ », enseignait-il. La Parole de Dieu révélé aux hommes apporte aux croyants sagesse et inspiration prophétique.

L’Église exalte la mission des responsables politiques. Giorgio La Pira, ancien maire de Florence en Italie, laïc dominicain cité souvent par le pape François comme un modèle en politique, voyait dans la mission de guider le peuple la tâche la plus important confiée à l’homme après l’union avec Dieu dans la prière.

Les béatitudes enseignées par Jésus orientent l’humanité vers Dieu et vers la fraternité humaine. Dans la Bible, le mot « heureux » peut se traduire par « en avant » car c’est le bon chemin qui a été choisi. En avant les pauvres de cœur, les miséricordieux, les artisans de paix… Un bon chef d’État a un cœur de pauvre pour compter sur Dieu et écouter son peuple. Un bon chef d’État s’avère miséricordieux, sensible au malheur des citoyens. En hébreu, le mot « miséricorde » symbolise le sein maternel qui réagit face à la souffrance des enfants. Un bon chef d’État agit en artisan de paix. La force d’une communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres. Un bon chef d’État tire vers le haut tous les citoyens afin qu’ils puissent affirmer : « Nous sommes un grand peuple ».

Dieu nous fait participer à sa sagesse et au gouvernement du monde. Dieu donne la sagesse et Il s’adresse à l’intelligence humaine. Saint Thomas d’Aquin présente le déroulement de l’histoire humaine à partir des cinq lois : la première loi, la loi de la Sagesse divine crée et dirige l’histoire de la création et de l’humanité ; en deuxième lieu, la loi naturelle fait participer l’homme à la sagesse divine par son intelligence et sa conscience qui lui dit de faire le bien et d’éviter le mal, la loi naturelle pousse l’homme vers sa plénitude ; une troisième loi, qui n’est pas à proprement parler une loi car elle va contre le bien de l’homme, est appelée la loi de la concupiscence, qui pousse la personne à faire le mal qu’elle ne voudrait pas faire et à ne pas faire le bien qu’elle voudrait accomplir. Cette pulsion vers le mal divise l’homme et le rend malheureux. Cette loi peut être comparée aux virus dans l’informatique. Cette loi de concupiscence ne vient pas de Dieu mais de la jalousie du diable, le malin. Quelque chose d’absurde et de détraqué frappe l’harmonie première.

C’est pourquoi Dieu a donné une quatrième loi à l’humanité, le Décalogue, les dix commandements, fondements des droits de l’homme, qui précisent ce qui est à faire et à éviter. Pour accomplir le bien, Jésus le Christ a répandu son Esprit Saint à la Pentecôte. Cinquième loi, appelée loi nouvelle. L’Esprit Saint répandu dans le cœur des hommes par la foi en Jésus le Christ, devient la loi de l’agir humain, qui fait toutes choses nouvelles. L’Esprit Saint agit à l’intérieur de l’homme, dans son cœur.
Tout homme peut faire l’expérience de ces cinq lois. Pour les chrétiens, chacun a besoin de la grâce de l’Esprit Saint pour faire le bien. Jésus a bien dit à ses disciples : « Sans moi, vous ne pouvez rien faire » (Évangile selon saint Jean, 15, 5).

Pour la doctrine sociale de l’Église, l’homme reçoit la mission de gouverner la terre, notre maison commune. La lumière de son intelligence peut néanmoins être corrompue par le penchant vers le mal. Un proverbe chinois dit : « Le poisson commence à pourrir par la tête. » Le chrétien invoque sur lui et sur les autres l’Esprit de sainteté pour agir dans la sainteté de l’intelligence. Tout homme et les responsables politiques en particulier peuvent être frappés d’aveuglement. Malheureusement la fonction politique est souvent discréditée à cause de la corruption. Au lieu de travailler pour le bien commun, les politiques peuvent devenir des marionnettes manipulées par les groupes de pression financiers et par des idéologies, aveuglés par les flatteries des courtisans et des profiteurs des régimes.
De tout temps, l’Église a enseigné qu’il faut obéir aux lois à condition qu’elles conduisent au bien de tout l’homme et de tous les hommes ; autrement la loi ne serait plus une loi mais une corruption de la loi, le chrétien devrait alors désobéir à cette soi-disant loi.

Chesterton, le catholique anglais, disait avec humour : « Quand on rentre dans l’Église on est prié d’enlever son chapeau mais pas sa tête ». Le chrétien obéit à sa conscience éclairée par l’Évangile et par l’expérience séculaire de l’Église. Pour le chrétien, la vie a un sens, l’histoire du monde n’est pas absurde, elle a un but : l’accomplissement dans l’amour de Dieu. Un croyant ne se plie pas au prêt-à-penser du pragmatisme, du relativisme et des consensus faits et défaits selon les circonstances. Dans la foi chrétienne, toute personne a un défi à relever : la recherche de la Vérité qui rend libre. Jésus est la Chemin qui conduit à la Vérité et à la Vie. Par sa foi en Jésus, le chrétien reçoit la Vérité et la Vie de Dieu en lui.
Dans la culture provoquée par Internet il n’y pas de vérité mais uniquement des opinions. Le risque est grand de sombrer dans l’individualisme et le subjectivisme : « ce que j’aime est bien ; c’est mal ce que je n’aime pas ».

« Que sert à l’homme de gagner le monde entier s’il perd son âme ? », enseigne Jésus (cf. Mc 8,36). En Belgique, le roi Baudoin, catholique avait renoncé pour des raisons de conscience à sa couronne pour ne pas signer la loi sur l’avortement. Le peuple belge avait retrouvé avec soulagement son roi aimé, vingt-quatre heures après.

Les chrétiens ne se contentent pas de prier. Ils pensent et ils agissent selon la science et en conscience. Aujourd’hui, la Conférence épiscopale française avertit des dangers graves de la PMA en lien avec des médecins, des psychiatres, des juristes, des philosophes et des théologiens. L’enfant a droit à un père et à une mère. La PMA va fabriquer des malheurs. En tant qu’aumônier des jeunes et de prison, je suis témoin de la souffrance de tous ceux qui ont grandi sans père et qui n’ont jamais pu prononcer le mot « papa » pour s’adresser à leur père.

Viens Esprit Saint éclairer nos intelligences et fortifier nos choix et qu’au jour de notre mort nous puissions dire dans un avant-goût d’éternité : mission accomplie !

 Prière universelle

Invoquons l’Esprit Saint sur l’Église et sur le monde dans une prière catholique, c’est-à-dire universelle.

Viens Esprit Saint sur l’Église, notre Mère, qui fait connaître Dieu et renaître dans le sacrement du baptême.
 
Viens Esprit Saint, Esprit de sagesse et de discernement, sur l’humanité et sur les responsables politiques chargés d’établir les lois et de guider le peuple vers le bien.
 
Viens Esprit Saint, Esprit de justice, sur ceux qui ont besoin d’être défendus et soutenus : les enfants qui ont droit à naître et à avoir un père et à une mère, les chômeurs et les malades.
 
Viens Esprit Saint, Esprit qui donne la Vie, sur Jacques Chirac et sur tous les défunts.

À Toi, Dieu le Père, toute adoration et toute louange, par ton Fils Jésus-Christ, notre Seigneur et notre Dieu, qui vit et règne avec Toi et le Saint Esprit, un seul Dieu pour les siècles des siècles.

(Photo : Remibetin/Commons)


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