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« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu… Tu aimeras ton prochain »

Discours de Monseigneur Gilbert Aubry pour la fin de son épiscopat et l’annonce de l’épiscopat de Père Pascal Chane-Teng.

Article mis en ligne le 20 juillet 2023

par Centre diocésain d’information

Chers frères prêtres,
Chers frères diacres et épouses,
Chers religieux et religieuses,
Chers laïcs et personnels de l’évêché et de la Maison Diocésaine,
Chers journalistes,

Une lettre de Son Excellence Monseigneur Tomasz Grysa, Délégué apostolique à la Nonciature de Tananarive, m’écrit en date du 4 juillet 2023, je cite :

« J’ai l’honneur de communiquer à Votre Excellence que Sa Sainteté le Pape François a accepté votre renonciation au gouvernement pastoral du diocèse de Saint-Denis de La Réunion. 
En même temps, le Souverain Pontife a nommé le Révérend Père Pascal CHANE TENG, du clergé de Saint-Denis, jusqu’à présent Vicaire Général du Diocèse de Saint-Denis de La Réunion, comme nouvel évêque du même Diocèse.
La nouvelle sera rendue publique le mercredi 19 juillet à 12 H 00 de Rome (14 H 00 de La Réunion) et jusqu’à ce moment doit rester confidentielle. »

Cette lettre du Nonce m’amène à traiter l’articulation de deux événements :
• la fin de mon épiscopat actif
• le début de la période de Pascal Chane-Teng comme évêque nommé.

La fin de mon épiscopat actif

La fin a toujours un commencement dans un contexte particulier. Je ne suis âgé que de 33 ans quand je suis nommé évêque. La société réunionnaise des années 70 est marquée par un affrontement politique exacerbé entre le Parti Communiste de Paul Vergès et la Droite sous la houlette de Michel Debré. Cet affrontement politique traverse le champ religieux réunionnais, y compris l’Église catholique sans pour autant que la foi réunionnaise ne soit directement menacée. Le PCR invite avec insistance à l’alliance entre « le Communisme populaire » et « le Christianisme populaire. » Je dis non tout en respectant la liberté de conscience des fidèles. Mais l’Église catholique ne peut pas être prisonnière de la Gauche comme de la Droite. Je demande aux chrétiens catholiques de faire passer le message de l’Évangile là où ils sont engagés et qu’ils refusent d’être des ennemis les uns contre les autres, manipulés pour des intérêts qui ne sont pas ceux de l’Église.

Puis, avec l’arrivée de la Gauche au pouvoir, le Parti Socialiste commence à se structurer. La donne politique évolue. Le climat s’apaise. Les chrétiens découvrent peu à peu une nouvelle pratique chrétienne de la vie politique. Les partis et syndicats sont des moyens et non pas des absolus. Ils sont des moyens d’analyser et de conduire des actions dans une période déterminée de l’Histoire. Ils ne sont pas le tout de la vie. Chaque citoyen chrétien est en même temps citoyen des cieux. Il est appelé à vivre dans le monde sans être du monde. « Toute la foi dans toute la vie et toute la vie dans toute la foi. » C’est ma première lettre pastorale. Ma devise épiscopale est la suivante : « Joie et Espérance, Justice et Paix ! »

C’est donc le Concile Vatican II que je choisis comme moteur pour la trajectoire pastorale de mon épiscopat et le rayonnement de la paix au cœur d’une société qui a besoin de paix et de vision d’avenir. Et la paix selon l’enseignement social de l’Église ne peut se bâtir que sur quatre piliers : l’amour, la vérité, la justice et la liberté. Dès lors, il n’y a pas d’autre commandement que celui du Christ : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force, de tout ton esprit et tu aimeras ton prochain comme toi-même » (cf. Mc 12, 30-31).

Il faut développer cette dynamique Église – Monde dans tous les domaines : conseil épiscopal, créer le conseil presbytéral, reconstituer l’Association Diocésaine, instituer un conseil diocésain de pastorale, monter une revue diocésaine qui, hélas, a disparu (Église à La Réunion), créer une radio « Radio Arc-en-ciel » partenaire de Radio Notre-Dame et RCF (Lyon). Parallèlement, il y a à structurer la pastorale familiale. Le premier congrès de la famille au Chaudron (1990) est une rampe de lancement pour les CPM, les AFC et la commission diocésaine de pastorale familiale.

Le Renouveau, la Légion de Marie, les Équipes du Rosaire, Saint-Vincent de Paul alimentent et soutiennent la foi pour une foi agissante dans les quartiers. Partout, on sent un grand besoin de formation. La commission Justice et Paix fait un travail de fond mais de courte durée. J’encourage très fort l’Enseignement Catholique qui, pour tous les partenaires de l’institution, propose un programme de développement (2023-2030), « Une relation éducative de qualité au service d’une excellence pour tous ». Travailler à une école inclusive.

Il faut mentionner aussi la création et le développement de notre Université Catholique à la Trinité qui passe progressivement de 400 à 500 étudiants, l’UCO Angers – Campus Réunion. Elle disposera d’un équipement super connecté et d’un amphithéâtre qui pourra être ouvert à des formations extérieures. Et puis… nous avons le Sedifop (Service Diocésain de Formation Permanente) qui, avec ses diverses équipes, offre des formations décentralisées avec des programmes diversifiés. La catéchèse avec ses équipes a cette mission unique de former, de soutenir, d’engendrer des catéchistes témoins de la foi qui, par des sessions régulières sur des thèmes spécifiques, apporte une contribution de poids pour une évangélisation en profondeur des enfants, des parents, des catéchumènes et des recommençants.

Je souligne que le contexte d’évangélisation d’aujourd’hui n’est plus celui que nous avons connu dans les années 1970. Nous devons tenir compte de l’évolution des mentalités, des technologies, de la place du numérique dans l’ensemble de la société et du monde. Avec l’intelligence artificielle, une révolution en profondeur est commencée. Cela va très vite. Une maîtrise humaine de ces outils doit nous éviter un formatage de nos sociétés en des sociétés de robots. Une formation permanente, continue, doit aller de pair avec l’outillage qui sera de plus en plus performant. Gardons-nous bien de perdre notre âme qui a besoin de respirer dans le souffle de liberté des enfants de Dieu.

Aujourd’hui, j’ai une pensée spéciale pour tous les services et toutes les équipes qui travaillent à l’évêché et à la Maison Diocésaine. Personnellement, si je n’avais pas Sœur Micheline, Sœur Rosette, Danielle Maillot, Jacqueline Perpétue, Sylviane Petrel, Sabine Robert, Guy Mangata, je n’aurais pas pu accomplir ma mission d’évêque. Merci du fond du cœur à vous tous. Et à la Maison Diocésaine, un merci particulier au Père Laurent Julienne, Jonathan Abelard, Christine Cadet, Raïssa Moisson, Jean-Loup Hoarau, Sylvie Saïbo, Fabrice et Loriane Grondin. Et merci aussi à tous les autres services de la Maison Diocésaine.

Nous nous connaissons les uns les autres. Nous nous sommes apprivoisés avec nos qualités, nos faiblesses, nos tempéraments. Bientôt, nous recevons notre nouvel économe, monsieur Roland Fautereau qui prendra ses fonctions au 1er août. Dès qu’un membre nouveau entre dans une équipe, c’est toute l’équipe qui doit s’asseoir pour dire qui l’on est, d’où l’on vient, où l’on va et se faire une âme commune. C’est vrai aussi pour la nouvelle étape qui commence aujourd’hui avec le Père Pascal Chane Teng. Ce qui compte, c’est la mission elle-même qui permet d’unifier l’action collective à partir du cœur de chacun : « Crée en moi un cœur pur ô mon Dieu, restaure en ma poitrine un esprit ferme. » (Ps 50)

Le début de la période du Père Pascal Chane-Teng, « évêque nommé »

Il est temps maintenant de faire venir notre nouvel « évêque nommé », le Père Pascal Chane-Teng, Monseigneur Pascal Chane-Teng. Il faudra vous habituer au changement de nom et de personne. Surtout ne comparez pas. Voici quelques repères de son curriculum vitae.

Cher Pascal, le Seigneur t’a choisi à travers toutes les médiations qui se sont exprimées et qui ont été soumises au discernement de l’Église. Ce qui est sûr, c’est qu’à la relecture de ta vie, tu peux dire que le Seigneur t’a choisi dès le ventre de ta mère. Donc, n’aie pas peur. Mais si quelquefois, les ténèbres commencent à t’entourer, pense au psaume 22, « Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien (…) Même si je marche dans un ravin d’ombre et de mort, je ne crains aucun mal car, tu es avec moi, ton bâton, ton appui, voilà qui me rassure. » Et puis, il y a les paroles de Jésus pour ceux qui ont de grandes responsabilités : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau et moi, je vous donnerai le repos. Prenez sur vous mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur et vous trouverez le repos de vos âmes. Oui, mon joug est facile à porter et mon fardeau léger. » (Mt 12 – 28, 29, 30)

Ainsi, la barque de l’Église à La Réunion, avec ton intelligence, tes compétences, ton amour du Christ et de l’Église, cette barque est entre de bonnes mains. D’ailleurs, tu n’es pas seul. Tu vas entrer dans le collège apostolique et il y a les autres évêques de la Région : Jean-Michaël à l’Ile Maurice, Alain aux Seychelles, Charles aux Comores et Luc-René à Rodrigues. Je te donne donc les rames que je tenais moi-même jusqu’à maintenant. Avec le Christ au gouvernail, tu arriveras à bon port. Même si tes mains seront écorchées aux rames du temps, même si tu navigues par une nuit sans lune, sur une mer déchaînée par un gros temps ou un cyclone, tiens bon. Tu garderas le cap. Le pilote à bord connaît la route aux étoiles puisqu’il a dit au sujet de lui-même « Je suis le chemin, la vérité et la vie. » (Jn 14, 6) En effet, il est le maître du navire et des flots. Bonne navigation jusqu’à bon port.

Le 19 juillet 2023
Monseigneur Gilbert Aubry


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