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La « Lettre aux époux », cadeau de Noël du pape François

Le jour de la fête de la Sainte Famille, le pape François a présenté sa Lettre aux époux comme : « un cadeau de Noël pour vous, conjoints, un encouragement, un signe de proximité et une occasion de méditation ».

Article mis en ligne le 28 décembre 2021

par Centre diocésain d’information

Chers époux et épouses du monde entier !

A l’occasion de l’Année « Famiglia Amoris Laetitia », je me tourne vers vous pour vous exprimer toute mon affection et ma proximité en cette période si particulière que nous vivons. J’ai toujours pensé aux familles dans mes prières, mais encore plus pendant la pandémie, qui a mis tout le monde à l’épreuve, en particulier les plus vulnérables. Le moment que nous traversons me conduit à aborder avec humilité, affection et hospitalité chaque personne, chaque couple marié et chaque famille dans les situations que chacun vit.

Le contexte particulier nous invite à vivre les paroles par lesquelles le Seigneur appelle Abraham à quitter sa terre et la maison de son père vers une terre inconnue qu’il lui montrera lui-même (cf. Gn 12, 1). Nous aussi, nous avons plus que jamais vécu l’incertitude, la solitude, la perte d’êtres chers et nous avons été poussés à sortir de nos certitudes, de nos espaces de « contrôle », de nos manières de faire, de nos ambitions, de nous intéresser non seulement à le bien de notre famille, mais aussi dans celui de la société, qui dépend aussi de notre comportement personnel.

La relation avec Dieu nous façonne, nous accompagne et nous met en mouvement en tant que personnes et, finalement, nous aide à « sortir de notre terre », souvent avec une certaine peur et même avec la peur de l’inconnu, mais grâce à notre foi chrétienne, nous savons que nous ne sommes pas seuls parce que Dieu est en nous, avec nous et parmi nous : dans la famille, dans le quartier, sur le lieu de travail ou d’étude, dans la ville où nous vivons.

Comme Abraham, chacun des époux quitte sa terre à partir du moment où, sentant l’appel à l’amour conjugal, ils décident de se donner à l’autre sans réserve. Ainsi, les fiançailles impliquent déjà de quitter sa propre terre, puisqu’elles nous obligent à parcourir ensemble le chemin qui mène au mariage. Les différentes situations de la vie - le passage des jours, l’arrivée des enfants, le travail, les maladies - sont des circonstances dans lesquelles l’engagement mutuel suppose que chacun abandonne son inertie, ses certitudes, les espaces de tranquillité et se dirige vers la terre que Dieu promet. : être deux en Christ, deux en un . Une seule vie, un « nous » en communion d’amour avec Jésus, vivant et présent à chaque instant de votre existence. Dieu vous accompagne, vous aime inconditionnellement. Tu n’es pas seul !

Chers époux, sachez que vos enfants - et surtout les plus jeunes - vous observent attentivement et cherchent en vous le témoignage d’un amour fort et fiable. « Comme il est important pour les jeunes de voir de leurs propres yeux l’amour du Christ vivant et présent dans l’amour des époux, qui témoignent par leur vie concrète que l’amour est possible pour toujours ! ». [1] Les enfants sont un cadeau, toujours, ils changent l’histoire de chaque famille. Ils ont soif d’amour, de gratitude, d’estime et de confiance. La paternité et la maternité vous appellent à être génératrices pour donner à vos enfants la joie de se découvrir enfants de Dieu, enfants d’un Père qui les a aimés tendrement dès le premier instant et les prend par la main chaque jour. Cette découverte peut donner à vos enfants la foi et la capacité de faire confiance à Dieu.

Bien sûr, éduquer les enfants n’est pas facile du tout. Mais n’oublions pas qu’eux aussi nous éduquent. Le premier milieu éducatif reste toujours la famille, dans les petits gestes plus éloquents que les mots. Éduquer, c’est d’abord accompagner les processus de croissance, être présent de plusieurs manières, afin que les enfants puissent compter sur leurs parents à tout moment. L’éducateur est une personne qui « génère » au sens spirituel et, surtout, qui « s’implique » en se mettant en relation. En tant que pères et mères, il est important d’avoir des relations avec les enfants au quotidien. Ils ont besoin de sécurité pour les aider à avoir confiance en vous, dans la beauté de leur vie, dans la certitude de ne jamais être seuls, quoi qu’il arrive.

D’autre part, comme je l’ai déjà observé, la prise de conscience de l’identité et de la mission des laïcs dans l’Église et dans la société s’est accrue. Vous avez pour mission de transformer la société par votre présence dans le monde du travail et de veiller à ce que les besoins des familles soient pris en compte.

Les époux aussi doivent prendre l’initiative ( primerear ) [2] au sein de la communauté paroissiale et diocésaine avec leurs propositions et leur créativité, en poursuivant la complémentarité des charismes et des vocations comme expression de la communion ecclésiale ; en particulier, celui des « conjoints aux côtés des bergers, pour cheminer avec d’autres familles, pour aider les plus faibles, pour annoncer que, même dans les difficultés, le Christ se rend présent ». [3]

Par conséquent, je vous exhorte, chers époux, à participer à l’Église, en particulier à la pastorale de la famille. Car « la coresponsabilité envers la mission appelle […] les époux et les ministres ordonnés, en particulier les évêques, à coopérer fructueusement à la garde et à la garde des Églises domestiques ». [4] Rappelons que la famille est la « cellule fondamentale de la société » ( Exhortation apostolique Evangelii gaudium , 66 ). Le mariage est vraiment un projet de construction de la « culture de la rencontre » (Enc. Fratelli tutti , 216). C’est pourquoi les familles sont confrontées au défi de construire des ponts entre les générations pour transmettre les valeurs qui construisent l’humanité. Une nouvelle créativité est nécessaire pour exprimer dans les défis actuels les valeurs qui nous constituent en tant que peuple dans nos sociétés et dans l’Église, Peuple de Dieu.

La vocation au mariage est un appel à barrer un bateau instable - mais sûr pour la réalité du sacrement - dans une mer parfois agitée. Combien de fois, comme les apôtres, voudriez-vous dire, ou plutôt crier : « Maître, ne vous souciez-vous pas que nous soyons perdus ? » ( Mc 4,38). N’oublions pas que, par le sacrement du mariage, Jésus est présent sur cette barque. Il se soucie de vous, il reste avec vous à tout moment, dans le bercement du bateau ballotté par les eaux. Dans un autre passage de l’Évangile, au milieu des difficultés, les disciples voient que Jésus s’approche au milieu de la tempête et l’accueillent sur la barque ; alors toi aussi, quand la tempête fait rage, laisse Jésus monter dans la barque, car quand « il est monté dans la barque avec eux […] le vent a cessé » ( Mc6.51). Il est important qu’ensemble vous gardiez le regard fixé sur Jésus.Ce n’est qu’ainsi que vous aurez la paix, surmonterez les conflits et trouverez des solutions à beaucoup de vos problèmes. Non pas parce que ceux-ci disparaîtront, mais parce que vous pourrez les voir sous un autre angle.

Ce n’est qu’en vous abandonnant entre les mains du Seigneur que vous pourrez affronter ce qui semble impossible. Le chemin est de reconnaître la fragilité et l’impuissance qui s’éprouvent devant tant de situations autour de vous, mais en même temps d’être sûr qu’ainsi la puissance du Christ se manifeste dans votre faiblesse (cf. 2 Co 12.9). C’est précisément au milieu d’une tempête que les apôtres en vinrent à reconnaître la royauté et la divinité de Jésus et apprirent à lui faire confiance.

À la lumière de ces références bibliques, je voudrais profiter de cette occasion pour réfléchir sur certaines des difficultés et des opportunités que les familles ont vécues en cette période de pandémie. Par exemple, le temps d’être ensemble s’est allongé, et cela a été une occasion unique de cultiver le dialogue en famille. Certes, cela nécessite un exercice particulier de patience ; ce n’est pas facile d’être ensemble toute la journée quand on doit travailler, étudier, se détendre et se reposer dans la même maison. Ne vous laissez pas envahir par la fatigue ; que la puissance de l’amour vous rende capable de regarder davantage les autres - votre conjoint, vos enfants - que votre propre fatigue. Je vous rappelle ce que j’ai écrit dans Amoris Laetitia (cf. nn. 90-119), reprenant l’hymne paulinien à la charité (cf.1 Co 13 : 1-13). Demandez ce don avec insistance à la Sainte Famille ; relisez la louange de la charité afin qu’elle inspire vos décisions et vos actions (cf. Rm 8, 15 ; Gal 4, 6).

Ainsi, être ensemble ne sera pas une pénitence mais un refuge au milieu des tempêtes. Que la famille soit un lieu d’accueil et de compréhension. Gardez dans votre cœur le conseil que j’ai donné aux époux avec les trois mots : « Permission, merci, désolé ». [5] Et lorsqu’un conflit éclate, « ne jamais finir la journée sans faire la paix ». [6] N’ayez pas honte de vous agenouiller ensemble devant Jésus Eucharistie pour trouver des moments de paix et un regard mutuel fait de tendresse et de bonté. Ou de prendre la main de l’autre, quand il est un peu en colère, pour le faire sourire. Récitez peut-être une courte prière ensemble, à haute voix, la nuit avant de vous endormir, avec Jésus présent parmi vous.

Il est vrai aussi que, pour certains couples, la cohabitation à laquelle ils ont été contraints pendant la quarantaine a été particulièrement difficile. Les problèmes qui existaient déjà se sont aggravés, générant des conflits qui dans de nombreux cas sont devenus presque insupportables. Beaucoup ont même vécu la rupture d’une relation dans laquelle s’est traînée une crise qu’on n’a pas connue ou qu’on n’a pas pu surmonter. A ces personnes aussi, je voudrais exprimer ma proximité et mon affection.

La rupture d’une relation conjugale génère beaucoup de souffrance en raison du manque de beaucoup d’attentes ; l’incompréhension provoque des disputes et des blessures difficiles à surmonter. Même les enfants ne sont pas épargnés par la douleur de voir que leurs parents ne sont plus ensemble. Même dans ces cas, n’arrêtez pas de chercher de l’aide pour que les conflits puissent être surmontés d’une manière ou d’une autre et ne causent plus de souffrances entre vous et vos enfants. Le Seigneur Jésus, dans son infinie miséricorde, vous inspirera à avancer au milieu de tant de difficultés et de peines. Ne négligez pas de l’invoquer et de chercher en lui un refuge, une lumière pour le chemin, et dans la communauté une « maison paternelle où il y a de la place pour chacun avec sa dure vie » ( Exhortation apostolique Evangelii gaudium , 47 ).

N’oubliez pas que le pardon guérit toutes les blessures. Le pardon réciproque est le résultat d’une décision intérieure qui mûrit dans la prière, dans la relation avec Dieu, c’est un don qui découle de la grâce dont le Christ comble le couple lorsqu’il lui est permis d’agir, lorsqu’il se tourne vers lui. Le Christ " habite » dans votre mariage et attend de vous que vous lui ouvriez votre cœur pour pouvoir vous soutenir par la puissance de son amour, comme les disciples dans la barque. Notre amour humain est faible, il a besoin de la force de l’amour fidèle de Jésus, avec qui tu peux vraiment construire la « maison sur le roc » ( Mt 7, 24).

A ce propos, permettez-moi d’adresser un mot aux jeunes qui se préparent au mariage. Si avant la pandémie il était difficile pour les fiancés de planifier un avenir comme il était difficile de trouver un emploi stable, aujourd’hui l’incertitude de l’emploi est encore plus grande. C’est pourquoi j’invite les fiancés à ne pas se décourager, à avoir le « courage créateur » qu’avait saint Joseph, dont j’ai voulu honorer la mémoire en cette Année qui lui est dédiée. De même, lorsqu’il s’agit d’affronter le chemin du mariage, malgré peu de moyens, ayez toujours confiance en la Providence, car « parfois ce sont justement les difficultés qui font ressortir de chacun de nous des ressources que nous n’aurions jamais pensé avoir » (Lettre ap. . Patris cordes, 5). N’hésitez pas à vous appuyer sur vos familles et vos amitiés, sur la communauté ecclésiale, sur la paroisse, pour vivre la future vie conjugale et familiale en apprenant de ceux qui ont déjà parcouru le chemin que vous commencez à emprunter.

Avant de conclure, je voudrais adresser un salut spécial aux grands-parents et aux grands-mères qui, pendant la période d’isolement, se sont retrouvés incapables de voir leurs petits-enfants et d’être avec eux ; aux personnes âgées qui ont encore plus souffert de la solitude. La famille ne peut se passer des grands-parents, ils sont la mémoire vivante de l’humanité, « cette mémoire peut aider à construire un monde plus humain, plus accueillant ». [7]

Que Saint Joseph inspire à toutes les familles le courage créateur, si nécessaire dans ce changement d’époque que nous vivons, et que Notre-Dame accompagne dans votre vie conjugale la gestation de la culture de la rencontre, si urgente pour surmonter les adversités et les conflits qui obscurcissent la nôtre .météo. Les nombreux défis ne peuvent pas voler la joie de ceux qui savent qu’ils marchent avec le Seigneur. Vivez intensément votre vocation. Ne laissez pas la tristesse transformer vos visages. Votre conjoint a besoin de votre sourire. Vos enfants ont besoin de votre apparence pour les encourager. Les pasteurs et autres familles ont besoin de votre présence et de votre joie : la joie qui vient du Seigneur !

Je vous salue avec affection, vous exhortant à aller de l’avant en vivant la mission que Jésus nous a confiée, en persévérant dans la prière et « dans la fraction du pain » ( Ac 2, 42).

Et s’il vous plaît, n’oubliez pas de prier pour moi ; Je le fais tous les jours pour toi.

Fraternellement,

Francesco

Rome, San Giovanni in Laterano, 26 décembre 2021, Fête de la Sainte Famille.

Photo : Commons. Korea.net


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