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La fin du mois ou la fin du monde ? (Petite réflexion personnelle – 3e volet)
Article mis en ligne le 28 novembre 2018

par Père Sébastien Vaast sj
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Un jeune me disait ce matin : « Je gagne 1400 € et je vis comme si j’en avais 2000. Si on m’en donne 2000, est-ce que je ne vais pas vivre comme si j’en avais 2500 ? Les fins de mois ne seront-elles pas toujours difficiles finalement, quel que soit le salaire que je gagne ? »

Je reçois la question de ce jeune de 23 ans comme un boulet de canon : finalement il a raison… Car force est de constater que, dans une société souvent éprise de consommation et de plaisir, d’abondance et de luxe, d’apparence et de narcissisme, nous sommes attirés vers le toujours plus : plus de biens, plus d’argent, plus de jouissances… Comme si toute cette accumulation allait nous apporter le bonheur.

Or aujourd’hui la société est en crise ; le peuple crie. Mais pourquoi crie-t-il ? Est-ce seulement pour augmenter son pouvoir d’achat ? Ou bien derrière cette plainte n’y a-t-il pas une vraie aspiration au bonheur ?

 « Il est où le bonheur, il est où ? »

S’il me fallait répondre à cette question en une seule phrase, j’oserais celle-ci : le bonheur ne provient pas de ce que l’on possède, mais de ce que l’on échange, de ce que l’on donne et de ce que l’on reçoit, de ce que l’on partage…

Car finalement il n’y a peut-être que deux catégories d’Hommes sur Terre :
- Ceux qui croient que le bonheur réside dans leurs possessions : diplômes, voiture, maison, objets Hi-Tech, richesses…
- Ceux qui expérimentent que le bonheur naît de l’échange, de ce que l’on donne et de ce que l’on reçoit.
Or seul le manque peut permettre l’échange.

Voilà sans doute pourquoi le pauvre peut être considéré comme plus heureux que le riche. Car il est vital pour le pauvre d’entrer dans la dynamique de l’échange, du partage, alors que pour le riche, qui croit pouvoir satisfaire tous ses besoins, c’est superflu.

Aussi le pauvre est-il sur le chemin du bonheur, alors que le riche ne sait même pas que le bonheur est un chemin…

Nous avons tous un vide en nous que nous cherchons à remplir et cela se fait bien souvent avec du superflu ; or en accueillant le manque, cela permet l’échange, le partage, avec d’autres, et cela nous met en chemin vers plus de liberté, de bonheur.

C’est ce manque de liberté aussi, en étant prisonnier d’un système de surconsommation, qui fait que les fins de mois sont difficiles. Et une fois entré dans ce système, il nous dépouille en tant qu’individu, mais il dépouille aussi la Terre.

Dans le film Le Pape François : un homme de Parole, le Saint-Père nous faisait remarquer à juste titre que la plus pauvre d’entre toutes les pauvres, c’est notre mère la Terre. Parce que nous la dépouillons tous.

 Nous devons tous être des ministres de l’écologie !

Si le seul moment où surgit l’écologie c’est pour venir mettre une taxe (qui pèse sur les fins de mois des plus pauvres), alors on tue l’écologie ! Si c’est comme une punition qu’on amène l’écologie, les gens vont refuser l’écologie, et c’est normal ! Pourtant nous devons tous êtres des ministres de l’écologie, c’est-à-dire ministres de notre maison commune, la Terre, notre mère nourricière.

Oui, ministre ! En regardant l’étymologie latine de ce mot (minister), n’oublions pas que « ministre » signifie « celui qui est au service de » / « celui qui sert ». Nous avons bien à être au service de notre planète Terre car c’est elle qui souffre le plus à cause de nous ; c’est bien elle la plus pauvre.

Nous ne cohabitons plus dans un système d’échange et de partenariat avec la Terre, mais nous la spolions.

Nous vivons dans le 6e pays le plus riche du monde et tout le monde veut vivre comme nous. Or si tout le monde vivait comme nous, il faudrait 3 planètes Terre pour subvenir à nos besoins… Et si on en avait 3, est-ce qu’on en aurait pas besoin de 7 ? Pourtant nous n’en avons qu’une seule.

En 2018, le « Jour du dépassement » est tombé le 1er août : à cette date, l’humanité avait déjà consommé toutes les ressources que la nature peut renouveler en un an. Elle vit donc désormais « à crédit » jusqu’à la fin de l’année…. Nous vivons à crédit sur le dos de notre planète… Sommes-nous forcés de vivre à crédit ? Cette question est autant valable pour nos fins de mois que pour l’avenir de notre planète…

Sommes-nous libre vis-à-vis de cette surconsommation qui est bel et bien la cause de notre péril humain et planétaire ?

 Une sobriété heureuse

Car finalement, n’est-il pas là « ce fameux Paradis », que recherche Wizdom : au bord de la plage, à l’ombre des filaos, partageant un bon carry en toute simplicité entre amis, et refaisant le monde avec nos discussions ? N’est-ce pas là que nous sommes les plus heureux ?


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