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Deux nouveaux prêtres pour le diocèse de La Réunion
Article mis en ligne le 21 août 2018

par Françoise Adam de Villiers

Mercredi 15 août 2018, en la fête de l’Assomption, Mgr Gilbert Aubry a ordonné prêtres pour le diocèse de La Réunion, Fr David Aho, de la Fraternité apostolique Jésus Miséricordieux, et Pierre Myscile. Portraits des deux nouveaux prêtres et retour en images sur la célébration, qui s’est déroulée à Piton Sainte-Rose.

 Fr David Aho, un père à l’image du Père

Âgé de 30 ans, David Aho est né à Sainte-Clotilde, dans une famille de quatre enfants. Il a fréquenté dans son enfance et son adolescence les paroisses N.-D. du Rosaire à Moufia, Saint-Camille de Lellis à la Bretagne, puis la paroisse de la Cathédrale où il a été servant d’autel.

Il a étudié successivement à l’école catholique de Sainte-Clotilde, au collège Juliette-Dodu et au lycée Leconte de Lisle à Saint-Denis. Après un bac de série S et une année en faculté de biologie, il a intégré pendant trois à l’école d’évangélisation Jeunesse-Lumière. Il est ensuite entré au séminaire de La Castille (diocèse de Fréjus-Toulon) et a été ordonné diacre en vue de la prêtrise le 25 juin 2017. Il a effectué son stage pastoral à La Réunion, à la paroisse de Sainte-Suzanne et à l’aumônerie de l’Université.

David Aho est également religieux, frère dans la Fraternité apostolique Jésus-Miséricordieux, présente dans le diocèse depuis trois ans.

Sa vocation est née vers l’âge de 7 ans. Elle s’est approfondie à partir de 2007. C’est au cours de la béatification du pape Jean-Paul II, en 2011, qu’il a pris la décision de d’entrer dans les ordres.

Parmi les personnes marquantes qu’il a rencontrées, David Aho cite « les pères du séminaire, de vrais exemples de par le don d’eux-mêmes, la paternité qu’ils exerçaient, entre autres le père Daniel Ange ». Une expérience de la paternité qui, malgré son âge, ne lui est pas étrangère : il l’a découverte lorsqu’il était au séminaire et qu’il s’est occupé d’une aumônerie scolaire qui regroupait des jeunes de la 6e à la terminale. Il a eu le temps de les voir grandir « et en même temps, ils m’ont aidé à grandir », note-t-il.

Rien d’étonnant alors si, lorsqu’on lui demande quel est le visage de Dieu qui lui est le plus cher, il répond : « Celui du Père, qui accueille sans jugement. Qui est patient, qui accompagne. C’est tout un dynamisme d’éducation : ne pas brusquer mais faire avancer, dans différents lieux de vie, en portant attention… ». Et c’est aussi ainsi qu’il souhaite être prêtre : en se montrant « attentionné envers chacun, dans tout ce qu’il est, pour l’accompagner sur un chemin de sainteté. Avec tout ce que cela implique : écoute, attention, enseignement, accompagnement, progression spirituelle et humaine ».

Interrogé à la veille de son ordination sur sa prière pour le monde, pour l’Église et pour La Réunion, David Aho demandait successivement « la foi en Dieu », pour l’Église « une visibilité » et pour La Réunion « une redynamisation pour les jeunes… mais ça commence ! ».

 Pierre Myscile : « Pouvoir servir le Christ dans les plus humbles »

Lorsque Pierre Myscile raconte son histoire, et plus spécialement celle de sa vocation, c’est toute une succession de visages. Des personnes « qui m’ont marqué », dit-il. Un beau cortège qui commence avec cette tante handicapée – « mon rayon de soleil », et qui n’est pas près de s’arrêter puisque, lorsqu’on lui demande quel visage Dieu a, pour lui, il répond du tac au tac : « Le visage de la personne qui est en face de moi ».

Âgé de 40 ans, Pierre Myscile est né à Tan Rouge, dans une famille de treize enfants, il y a grandi et a fréquenté la paroisse Saint-Pie X jusqu’à l’âge de 19 ans.

Il a ensuite fait son service militaire à Brive-la-Gaillarde, en Corrèze. De 1999 à 2009, il est resté dans l’armée, au 92e Régiment d’Infanterie, à Clermont-Ferrand. Dans ce cadre, il a participé à des missions de l’Otan, en Europe de l’Est et dans divers pays d’Afrique.

Élevé dans une famille chrétienne, il se souvient particulièrement du père Franck Rivière, « qui ne faisait rien d’extraordinaire, mais on existait quand il nous parlait ». C’est lui qui, un jour, lui a dit : « Tu ne dois pas être comme les autres enfants ». Le jeune Pierre l’a compris à sa manière et cette phrase ne l’a plus quitté. Autre figure marquante de son enfance : « Une religieuse, Sr Michaëlle, qui tout le temps prenait soin de moi au catéchisme ». Et puis le pape Jean-Paul II, dont l’homélie, lors de sa visite à La Réunion en 1989, l’a durablement interpellé : Pierre Myscile avait 12 ans, alors.

Moins préoccupé par la foi pendant ses années de lycée, il a senti celle-ci se réveiller pendant ses années d’armée — il avait « toujours eu envie d’être militaire ». C’est à cette époque qu’il s’est mis à lire régulièrement la Bible, à aller à la messe, à faire des retraites spirituelles.

Sur ses annnées au 92e Régiment d’infanterie, à Clermont-Ferrand, il se montre très positif : « Ça m’a fait une ouverture. L’entraide, la camaraderie… rencontrer différentes populations, différentes langues… J’ai découvert l’humanité. On apprend à connaître l’autre, à se connaître aussi, à avoir confiance en l’autre, en soi, à faire attention à l’autre… À l’armée, chacun était responsable de chacune et cela faisait un tout ».

Surtout, il a eu l’occasion de participer à des missions de l’Otan, en Yougoslavie et dans plusieurs pays d’Afrique : expériences fortes et formatrices sur lesquelles il se montre intarissable, en dépit de sa nature réservée. « En Yougoslavie, se souvient-il, on a fait un peu d’humanitaire, distribué de la nourriture, même du bois… ça faisait ma joie. Les gens n’avaient plus rien, pourtant toujours le contact se faisait. La langue n’était pas un obstacle, le sourire faisait tout. On partageait le repas avec eux. Les gens venaient aussi nous amener un petit café, un thé, un réconfort ».

« Au Sénégal, quand on allait manger avec les gens, des gens qu’on ne connaissait pas du tout, tout le monde mettait la main dans la même marmite… Dans ce pays, le vendredi, à 1 heures de l’après-midi, tout le monde s’arrête et se tourne vers la Mecque… Ça m’a interpellé, cette quête de Dieu. » Pensif, il ajoute : « L’Afrique a été une école pour moi. Nous, on avait quelque chose à distribuer ; eux, ils avaient leur savoir-faire à nous donner… l’autre n’était plus un étranger. C’était l’école de la vie ». Une école de fraternité, aussi.

Après onze ans d’armée, cherchant un lieu où se ressourcer, Pierre Myscile est entré à l’école Jeunesse-Lumière. « C’est là que j’ai appris à aimer l’Église dans tout ce qu’elle est », confie-t-il.

De retour à La Réunion, il suit le parcours proposé par le Service diocésain des vocations et intègre finalement le séminaire du Prado, à Lyon. Quatre années pendant lesquelles il se laisse inspirer par le visage d’Antoine Chevrier, sa simplicité : « Un prêtre pauvre pour servir les pauvres, à l’image de saint François d’Assise ». Est-ce là le prêtre qu’il souhaite devenir ? « On ne fait pas du copier/coller, s’exclame-t-il. Ni François d’Assise, ni Antoine Chevrier. Le prêtre que le Christ veut que je sois. Moi-même. »

Séminariste, Pierre Myscile met à profit les temps de vacances pour de petits stages en paroisse à Moufia, à Sainte-Rose. Ordonné diacre en vue de la prêtrise le 11 juin 2017, il effectue son stage pastoral à La Réunion, à la paroisse Saint-François de Sales (Tampon).

Ce qu’il lui semble important de demander aujourd’hui pour La Réunion, pour son diocèse ? « L’unité. Que nous soyons des frères. » Et pour lui ? « Être petit. Toujours rester petit. Et pouvoir servir le Christ dans les plus petits, les plus humbles, qui sont nos frères. »

(Photos : Sonia Delecourt)

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