Arast : allons donne à nous la main !
Article mis en ligne le 5 janvier 2012
dernière modification le 6 janvier 2012

par Stéphane Nicaise

Les vœux que nous échangeons en ce début d’année 2012 ne peuvent faire l’économie d’une vision globale de l’évolution des rapports sociaux à travers le monde et donc à La Réunion. La paupérisation montante qui n’épargne pas notre île développe la précarité et l’insécurité. Elle concourt à affaiblir la cohésion sociale mettant directement en danger la Démocratie. Pour chacun d’entre nous, la tentation d’opter pour le sauve-qui-peut individualiste est une impasse redoutable. Elle nous conduit immanquablement à fermer les yeux sur la non application des droits fondamentaux de la personne. A terme c’est la disparition des « relations de confiance, de fiabilité, de respect des règles, indispensables à toute coexistence civile » (Encyclique sociale, Caritas in veritate, n° 32).

Le travail de mémoire fait en 2011 par le Kolèktif Lané Eli a mis en valeur notre capacité collective à affronter notre destin pour qu’il devienne en notre faveur. L’enseignement retiré nous force à analyser les blocages actuels qui brident notre liberté à construire une Société plus juste, plus respectueuse de la dignité humaine ; la nôtre dans laquelle doit s’exprimer davantage la confiance que nous voulons nous faire les uns aux autres et le désir d’inventer ensemble les formes de solidarité en adéquation avec les défis sociaux d’aujourd’hui.

Dans cette perspective, le dénuement de trop nombreux ex-salariés de l’ARAST est une interpellation forte. Notre regard se porte sur ces femmes et ces hommes, avec en arrière-fond leurs enfants, mais aussi de toutes ces familles qui ont profité des années de leur travail, et surtout de leur attention, voire souvent de leur amour. Pour peu que nous nous gardions d’entrer sur le terrain miné de la politique politicienne, nous pouvons considérer paisiblement et pacifiquement ce que leur situation nous renvoie de l’état de notre société réunionnaise.

Comment s’expliquer par exemple que dans tous ceux qui, depuis un mois, passent réconforter les grévistes de la faim, beaucoup demandent que soit préservé leur anonymat ? Pourquoi cette peur d’apparaître publiquement ? Où est la liberté du citoyen réunionnais d’exprimer son opinion dans le cadre du débat contradictoire que notre Constitution garantit ? Les conversations fournissent quelques bribes d’explication : « Si mon employeur l’apprend, je risque de gros ennuis !!! ». Aveu consternant qui accrédite l’atmosphère pesante de notre climat social, politique et économique. Trop de dépendances et de sujétions maintenues continuent à museler la parole et à paralyser l’action collective.

Que souhaiter alors de mieux que de voir le plus grand nombre d’entre nous se rallier à l’exigence de respect inconditionnel des droits fondamentaux de la personne ? Exprimons-là ce week-end en participant à un pique-nique familial dans le jardin de l’État, de cet État de droit garant de notre Vivre ensemble.


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