À tous les parents qui ont vécu la mort d’un enfant
Article mis en ligne le 8 août 2012

par Jeanine et Jean-Louis Cazal

Avec le départ tragique du jeune Alexandre sur le spot de Trois-Bassins dernièrement, en union de pensée et/ou en union de prière, nous ne pouvons rester insensibles à cette inconcevable réalité de rester dans cette vie après le départ de son enfant.

À tous les parents qui ont vécu la mort d’un enfant. Il y a un jour, 8 jours, 6 mois, 1 an, 10 ans, 20 ans… Avec tout mon cœur de mère, je voudrais vous dire tout mon soutien et ma prière dans cette épreuve à surmonter.

Je suis tombée « par hasard » sur ce texte écrit avec mon mari en 2011, suite au départ dans la mort de notre fils Emmanuel. Manou, Manu, Mano reste l’Absent si présent dans la vie de ses parents et de ses 3 sœurs Agnès, Anne-Sophie et Johanne et de tous ceux qui l’ont connu et qui ne l’oublient pas. Il nous aime et nous l’aimons encore et toujours.

Permettez-moi de vous partager cette conviction dans la mesure où vous pouvez l’entendre en ce moment.

[bleu]Emmanuel, après la mort, la Vie : 21 juillet 1981 - 25 avril 2001

(2011 : 10 ans… C’était hier)[/bleu]

Une pensée pour Manou le petit garçon adorable, pour Manu l‘adolescent, pour Mano le jeune idéaliste.

A tous celles et à tous ceux qui l’ont connu : Une union de pensée et de prière vous est demandée en cette période de Pâques, pour et avec Emmanuel pour lui dire que nous l’oublions pas, et que nous continuons de l’aimer par-delà la mort. Et nous affirmons, son père et moi, qu’Emmanuel avance « d’instant en instant avec nous, dans les sentiers nouveaux de la Lumière et de la Vie. » Saint Augustin.

…Et à toutes les mamans qui pleurent un « enfant de l‘Aurore », je voudrais dédier ce texte de Jean-Paul Sermonte, poète écrivain :

« Les enfants qui partent à l’aurore où s’en vont-ils ?
 
A quel mystérieux appel n’ont pu résister leurs jeunes destinées ?
 
Qu’ont-ils fait de notre amour et de ses prières ?
 
La nuit illogique n’a pas laissé l’aube enfanter le jour. Quelques pas à peine séparent parfois le berceau de l’abîme. Le temps est court entre le sourire que l’on berçait encore hier et le ciel muré d’une tombe.
 
Le ruisseau ne saura rien de tout ce que lui promettaient ses rêves : la caresse rude des rochers, les baisers des herbes et des feuilles, la course sur le torse des montagnes et sur le satin indolent des prairies. Né à peine, l’océan l’a déjà englouti.
 
Les enfants qui partent à l’aurore nous laissent avec nos baisers éperdus et le poids de nos tendresses inutiles. Ils nous laissent avec cet amour qui nous broie, qui traîne ses croix et ses remords.
 
Et l’on nous dit : « La vie va comme elle va, nous devons aller avec elle. » Mais nous, avec l’obstination des pauvres gens qui n’entendent rien au fracas de leurs destins anéantis, nous nous demandons : « Qu’importe le chemin qui mène jusqu’au soir si nous devons marcher sans notre enfant ? »
 
Celle qui nous vole nos enfants, vole aussi la saveur des fruits du jardin de la terre, elle vole l’espérance des étoiles et l’insouciance des heures. Et elle fait du ciel un marbre froid où glissent nos prières. Nos prières qui les entend ? Qui les entendra jamais ? Si le ciel entendait les prières d’une mère, le marbre se briserait et son enfant reviendrait. Les enfants qui partent à l’aurore pleurent-ils en pensant à nous ?
 
Non, écoutez-moi, derrière le voile, les enfants sourient. Ils n’ont plus peur, ils n’ont plus mal. Ils ont laissé leurs larmes aux portes du ciel. Il les ont abandonné sur nos joues.
 
Là-bas, nos enfants ne savent que rire. Le rire des joueurs d’étoiles, funambules sur les arcs-en-ciel. On ne pleure pas quand on joue sur les dunes de lumière qui ondoient jusqu’à l’infini. Lorsqu’on sait que l’infini ne s’ouvre pas sur le néant mais sur d’autres horizons, un autre azur, d’autres chants, d’autres rêves, d’autres amours. Le temps des anges est plus court que celui des humains, car les anges ne sont pas ici chez eux. C’est la raison pour laquelle ils sont voyageurs d’aurore.
 
Quand tu franchiras le temps des larmes et de la révolte, tu entreras dans la clarté que cet ange t’a laissée et que tu ne vois pas encore. Alors tu grandiras jusqu’à atteindre l’heure qui te conduira à lui.
 
Vos enfants sont heureux. Ils jouent à la marelle sur les pavés du ciel, mais sur leur marelle il n’y a plus d’enfer. Ils sont heureux. Ils courent en riant sur le sable bleu du firmament. Leur pas n’est pas indécis…
 
Vos enfants vous parlent. Ne les entendez-vous pas ? Ils vous disent : “Si tu m’aimes ne doute pas que je vis encore. Je suis vivant. Ne sens-tu pas ma main qui caresse ton visage ? Ne sens-tu pas le souffle de mes baisers sur tes cheveux ? Il n’y a pas de tendresse inutile. Aucun de tes baisers n’est perdu puisque je les cueille… A présent, c’est moi qui veille sur toi. La vie est un berceau et c’est nous, vos enfants de là-bas, qui nous nous penchons vers vous. Quand tu n’entendras plus ta détresse, c’est ma voix enfin que tu percevras.”
 
Les enfants qui partent à l’aurore ne sont pas les enfants de la nuit. Ils sont dans l’âme du jour. Pour nous, les saisons s’enfuient et nous croyons qu’elles nous entraînent vers le soir, vers un horizon de pauvres espoirs.
 
Nous n’allons pas vers le soir mais vers l’aurore de nos enfants.
 
Ils nous attendent puisqu’ils ne nous ont jamais quittés. Dans l’aurore de nos enfants, il y a notre propre éternité. »


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